Entrecasteaux, à la recherche de l’Océan originel

Soutenez ce projet

Biodiversité

Une plongée hors du temps, à la découverte
des fonds marins d’il y a 
20 000 ans

© La Caz’A Productions

À l’extrême Ouest de l’océan Pacifique, entre les côtes australiennes et l’archipel du Vanuatu, s’étend une mer d’un autre temps : la mer de Corail.

Cet écrin de nature, vierge de toute ingérence humaine, est l’une des toutes dernières parcelles sauvages de nos océans. Dans un monde où le bouleversement climatique menace toute la biodiversité, et tout particulièrement les récifs coralliens, il existe encore un endroit où l’on peut découvrir les splendeurs originelles de l’ océan.

© Alexis Rosenfeld
Un Océan à l’État Zéro

Cette aventure débute autour des petits îlots isolés des récifs de l’Astrolabe, en plein cœur de la mer de Corail : à l’Est de l’Australie, au Sud du Vanuatu et à 150 km au Nord-Est de la Nouvelle-Calédonie. C’est en 2014 qu’une mission scientifique pluridisciplinaire, composée des équipes de l‘IRD et de la mission « Pristine seas » de la National Geographic Society, inventoriait et étudiait les îlots de Pétrie et de l’Astrolabe. Cette mission avait permis de classifier ces îlots comme étant les plus sauvages, les plus riches et les plus vierges de notre planète, sur des critères tels que l’abondance et la diversité des espèces. Ils ont ainsi détrôné les trois « Hot spot » de biodiversité jusqu’alors considérés comme les plus riches du monde : Coco Island, le Récif de Kingman et la réserve des Chagos.

Certaines de ces îles isolées, au cœur du Parc Naturel de la Mer de Corail sont classées par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité. Elles sont étroitement surveillées par les autorités et ont dorénavant un statut de préservation maximal, bien connu en tant que « réserve intégrale ».

Des Écosystèmes Résilients

À 350 km au Nord-Ouest de ces îlots, l’archipel d’Entrecasteaux révèle un autre miracle de la nature : son étonnante capacité de résilience. Contrairement à Pétrie et Astrolabe, les îles coralliennes de Huon et Surprise ont longtemps été exploitées par l’homme pour le guano et pour la chasse à la baleine. Cette activité humaine a, par nature, impacté le milieu naturel. Toutefois, depuis l’arrêt de ces activités anthropiques, la nature a repris ses droits. Les récifs d’Entrecasteaux, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis juillet 2008, accueillent de nouveau une richesse exceptionnelle. Ils sont également un site majeur concernant la conservation des oiseaux marins. On estime le nombre de couples nicheurs-reproducteurs à 30 000, et le nombre d’espèces nicheuses à 12.

Dans un endroit que nous tenons à garder secret, nous irons assister au parcours de milliers de tortues vertes. A partir du mois de novembre, elles sont près de 50 000 femelles à se regrouper autour d’un îlot, prêtes à pondre. Dès la fin de la journée et pendant toute la nuit, plus de 1000 tortues montent sur cette petite plage, creusent un nid dans le sable et y déposent des centaines d’œufs. Dans l’après-midi, dans des piscines d’eaux cristallines non loin de la plage, elles attendent par centaines le « bon moment ». Aux alentours du mois de février, leurs œufs écloront et 60 millions de bébés tortues qui émergeront des plages de l‘îlot pour essayer de gagner les eaux du lagon.

Nous irons également explorer la zone « mésophotique » à plus de 100 mètres de profondeur, là où aucun homme n’est jamais allé. Nous espérons notamment observer « le nautile », célèbre céphalopode préhistorique et emblème de la Nouvelle-Calédonie. Le hasard pourrait aussi nous amener à observer les gisements de dents de mégalodons qui autrefois avaient été ramassées en grande quantité à la drague au Nord de la Grande Terre.
En effet, d’après les spécialistes, chaque plongée profonde dans cette zone a apporté de belles surprises avec, presque systématiquement, de surprenantes rencontres et parfois de nouvelles espèces.

Nous avons enfin comme objectif d’observer un moment exceptionnellement rare : la ponte du corail. Une nuit par an, quelques jours après la pleine lune de décembre, le corail se reproduit. Par milliards, les différentes espèces expulsent leur semence mâle et femelle pour donner des œufs qui iront coloniser et revitaliser les récifs. Cette observation nécessitera de veiller, des nuits durant, au chevet des récifs afin d’assister à ce moment magique. Au petit matin, nous pourrons ensuite aller observer les nappes d’œufs disséminées au gré des vagues et des courants.

Réalisée en partenariat avec